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Compte rendu du débat « Neutralité vs prises de position du bibliothécaire »

Pluralisme, valeurs, éthique du métier, devoir de réserve, déontologie(s)…ça en faisait des gros mots à traiter pour ce premier débat de Doc@Rennes ! En ces temps où les questions du « militantisme » et de l’engagement transpirent des pores de la profession en se heurtant à la dite neutralité du fonctionnaire (notamment concernant les questions de protection de la vie privée, nous nous sommes réuni·e·s pour débattre et échanger afin d’y voir plus clair.

La forme choisie était celle du débat mouvant. Cette méthode d’animation vient de l’éducation populaire et permet, de façon dynamique et participative, de « comprendre les tenants et les aboutissants d’une situation ». À partir d’une affirmation « clivante », les participant·e·s se positionnent d’un côté ou de l’autre d’une ligne tracée au sol : d’un côté le camp des « D’accord », de l’autre le camp des « Pas d’accord ». Vient ensuite le moment de l’échange des arguments qui permet à chacun·e de changer de camp dès qu’un argument le/la convainc. Certain·e·s se rapprochent plus ou moins de la « Rivière du doute » symbolisée par la ligne qui sépare les 2 camps.

Afin de lancer le débat, une première affirmation clivante suivie d’une deuxième, définies en amont, ont été énoncées :

  • « Le pluralisme des collections passe par la neutralité »
  • « Le principe de neutralité du fonctionnaire est incompatible avec l’exercice du métier de bibliothécaire »

(après réflexion et à l’usage, nous nous sommes rendu·e·s compte qu’elles demandaient déjà de la contextualisation et des définitions. Aussi, il aurait été plus intéressant de définir les affirmations ensemble avant de commencer le débat plutôt que ce ne soit qu’une seule personne qui en prenne la charge sans prendre en compte les spécificités des participant·e·s au débat)

Afin de garder trace des échanges, le débat a été facilité graphiquement par Sophie Sorel-Giffo. Voici donc le résultat de ce débat passionnant et très exigeant intellectuellement :

L’expérience amène à réfléchir à la suite. En effet, ce moment était une première (1er débat dans Doc@Rennes, 1ère facilitation graphique pour Sophie, 1ère animation de débat pour moi) et le sujet d’actualité plutôt complexe à démêler.

Affaire à suivre donc…

Pour aller plus loin :

Sur l’animation de débats :

– JEANMART, Gaëlle, LETERME, Cédric et MÜLLER, Thierry, 2018. Petit manuel de discussions politiques: réflexions et pratiques d’animation à l’usage des collectifs. Rennes, France : Éditions du commun. ISBN 979-10-95630-13-5.
– SCOP LE PAVÉ, [sans date]. Pour discuter. In : Scop Le Pavé [en ligne]. [Consulté le 25 juin 2018]. Disponible à l’adresse : http://www.scoplepave.org/pour-discuter.
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Compte rendu de l’atelier : Comment aborder l’évaluation de l’information et le problème des fake news en bibliothèque ? (17 mai 2018)

Etaient présent·e·s : formateurs et formatrices des SCD de Rennes 2, Rennes 1, de la bibliothèque de l’INSA Rennes, stagiaires de ces bibliothèques, formatrice de la bibliothèque de l’EHESP et de la bibliothèque d’Agrocampus et diverses autres personnes en lien avec les bibliothèques.

Lieu : BU Droit Eco Gestion, SCD Rennes 1 (Place Hoche) 14h-16h

Evaluer des informations, c’est convenir de la valeur de certaines sources

L’introduction d’un nouvel outil pour mesurer les participants à une manifestation publique permettra t-elle de mettre fin à l’habituelle guerre de chiffres qui semblait convenir à tout le monde (à l’exception des journalistes qui devaient citer deux chiffres dont ils savaient qu’ils étaient faux) ?

Il en va de même pour les sources : afin qu’un débat démocratique puisse se construire, il faut que les parties conviennent que certaines sources publient des faits relativement fiables. Cela suppose aussi que les débatteurs quittent provisoirement chacun·e leur bulle, leur idios kosmos pour débattre dans le cadre d’un monde de références communes (koinos kosmos). On a vu comment les bulles de filtre suscitées par l’économie de l’attention, qui est depuis le début celle des réseaux socio-numériques, mettait à mal cette notion de monde commun.

Il est bien entendu qu’aucune source n’est à 100% fiable, que Le Monde n’est plus un « journal de référence » mais un journal avec une certaine ligne éditoriale relevant d’une certaine idéologie. il est établi que CNN peut parfois véhiculer de fausses informations dont les conséquences peuvent être graves… pour autant la position du relativisme informationnel est également intenable. Le fait que CNN soit faillible à certains moments ne permet pas de dire que la fiabilité de cette chaîne serait équivalente à celle de sa rivale Fox News ou encore à celles des chaînes d' »information » russes RT ou Spoutnik. En matière d’information, tous les canaux ne se valent pas si on garde un peu de considération pour la réalité des faits. La réputation des sites peut augmenter ou baisser, notre esprit critique peut se montrer plus acerbe en direction d’un camp ou de l’autre, et il peut arriver à des sites de désinformation de propager parfois quelques nouvelles avérées, à un certain moment on doit néanmoins convenir ensemble de ce qui est recevable en tant que source et de ce qui ne l’est pas.

Wikipedia : une référence commune ou bien un terrain de choix pour la désinformation ?

La hiérarchisation des sources, comme l’a rappelé lors de cet atelier Nicolas Vigneron, administrateur de Wikipedia, est le problème quotidien du wikipédien. Avec ses dix-sept ans d’existence, Wikipedia a su rallier à elle un grand nombre de bibliothécaires, qui d’ailleurs contribuent chaque année à sourcer les pages de l’encyclopédie (cela se passe pendant les ateliers 1Lib1Ref ; on en a parlé ici-même). Toutefois le modèle de cette ressource qui assoit sa légitimité non sur l’autorité des « sachants » mais sur l’autorité des sources semble progresser plus lentement parmi les enseignants-chercheurs avec lesquels ces bibliothécaires organisent leurs formations.

Wikipedia vise à la neutralité, c’est un de ses cinq principes fondateurs. Pour autant, les wikipédiens savent bien que la neutralité absolue n’existe pas, que des biais se cachent jusque dans le langage, comme lorsque, par exemple, l’encyclopédie francophone parle de la « Vente de la Louisiane« , tandis que son équivalent anglophone comporte un article intitulé Louisiana Purchase. (achat de la Louisiane)

On observe aussi des biais culturels à l’oeuvre en comparant un même article dans deux langues. Par exemple, la part dévolue à la psychanalyse dans l’article autisme de la Wikipedia francophone est sans commune mesure avec celle qu’elle est occupe dans son équivalent en anglophone.

Les wikipédiens font cependant le pari que l’intelligence collective et les veilleurs de l’encyclopédie permettront de rédiger des articles plus crédibles et mieux sourcés que s’ils étaient signés par des personnes singulières, fussent-elles reconnues comme spécialistes du domaine. Bien entendu, dans la mesure où il suffit d’avoir une IP pour modifier un article, les tentatives de redocumentarisation à des fins partisanes sont monnaie courante. Au pire, lorsque les modifications contradictoires se multiplient dans un temps très court et à la demande de l’un des contributeurs, un administrateur (Nicolas Vigneron est l’un d’entre eux, il en existe 200 pour l’encyclopédie francophone) peut être amené à fermer l’article en édition, tandis que controverse autour de l’article reste ouverte sur la page discussion de l’article. Ce gel temporaire (quelques jours en général) permet aux esprits de refroidir. Wikipedia comporte ainsi en moyenne 5000 articles bloqués sur 2 millions d’articles rédigés en français.

Faire entrer l’évaluation d’un site web dans une séance consacrée à la recherche documentaire

Le temps dont dispose les bibliothécaires pour sensibiliser les étudiants au problème de la désinformation est souvent très contraint. Il existe dans le cadre de ces formations qui ne dépassent guère le format de deux heures une tendance générale à mettre en avant le catalogue et les produits auxquels la bibliothèque a souscrit un abonnement. Pourtant, pour utiles qu’ils soient pendant sa scolarité, l’étudiant n’aura plus accès à ces produits après avoir quitté l’université. En revanche, la prise de conscience du problème et les techniques de base qui permettent d’y trouver une parade forment durablement le citoyen et le consommateur d’informations.

Le recours au Quizz est une possibilité intéressante. Ainsi, les formatrices de la bibliothèque de l’INSA Rennes consacrent trente minutes des deux heures de TD dont elles disposent auprès des élèves-ingénieurs de première année à faire passer un quizz sur Socrative à leurs étudiants et à en discuter les conclusions. Pour certains étudiants étrangers, le rôle joué par un site comme le Gorafi pour s’avérer tout à fait nouveau et sans équivalent dans leur pays d’origine. Pour tous, on insiste sur le point de vue situé et plus ou moins informé du rédacteur de l’information. Peut-on lire de manière éclairée tel article qui présente l’agriculture bio sous un jour peu favorable sans savoir que l’auteur est un ingénieur agronome fondateur et administrateur d’un lobby pro-OGM ?

Toutefois, l’analyse intrinsèque d’un site n’est pas toujours suffisante. Le point de vue situé n’apparaît pas toujours aussi clairement dans la bio de l’auteur ou la page about du site. De nombreux sites d’information, qui se révèlent à la lecture être des faux-nez de collectifs anti-IVG ou d’extrême droite ne se présentent pas comme tel dans les mentions légales. Il faut dans ce cas avoir recours à une recherche hypertextuelle ou « périphérique » (ma traduction de l’anglais lateral reading) pour mesurer la réputation de ce site sur la Toile et se faire une idée plus précise du crédit qu’on peut lui accorder. Une étude publiée par des chercheurs de l’université de Stanford et relayée par Aaron Tay (et en France par Sylvain Mâchefer qui a traduit le compte rendu de Tay) montre que les méthodes traditionnelles d’évaluation des sites ont le défaut de ne pas faire ce détour par la Toile. Une requête excluant les pages du site questionné dans un moteur de recherche qui supprime la bulle de filtre permet ainsi d’obtenir des informations utiles sur sa réputation. Il peut être aussi intéressant de limiter cette recherche à des sites spécialisés dans le fact-checking comme Snopes ou le Decodex.

A la lecture périphérique, il convient d’ajouter la remontée à la source (Going upstream). Cette vérification indispensable au journaliste peut être effectuée par n’importe qui et de manière assez simple en usant  de la recherche inverse d’images de Google. Si le temps manque, on peut se limiter à cela, en prenant quelques détournements d’image dont les réseaux sociaux sont friands. Si l’on dispose d’un peu plus de temps, on peut mentionner les exifs, les métadonnées embarquées dans l’image (qui apparaissent d’ailleurs dans les tests de positionnement de la plateforme Pix), le rôle de la compression dans l’authentification des images et bien d’autres choses encore.

Toutefois, l’erreur serait de traiter la question de la lutte contre la désinformation auprès des étudiants uniquement comme un ensemble de techniques à acquérir. Le problème a un aspect pyschologique et social important. Il interroge également l’éthique du chercheur et à ce titre un bibliothécaire peut se sentir mal placé pour intervenir, comme il l’a été dit plusieurs fois au cours de cet atelier.

Sortir le bibliothécaire de sa posture techniciste

Une autre difficulté réside dans le peu d’heures consacrées aux compétences informationnelles des étudiants de Licence. Ces heures ne sont pas souvent présentes dans les maquettes d’enseignement en tant que telles. Faute d’une approche par compétences, comme l’a indiqué l’une des personnes présentes  à l’atelier ces compétences sont assez peu recensées dans les enseignements disciplinaires et peut-être n’y sont-elles guère enseignées. Mon expérience personnelle m’amène à penser qu’il y a encore dans certains établissements des dynamiques contradictoires qui jouent en défaveur de l’acquisition de ces « soft skills ». J’ai entendu des enseignants-chercheurs déplorer que les enseignements transversaux confiés à mes collègues prennent une place exagérée dans le cursus de l’étudiant au détriment des cours directement liés à la discipline. Les mêmes vont regretter ensuite que le moteur de recherche le plus utilisé par leurs étudiants pour leurs recherches soit Youtube. Qui leur a dit qu’ils pouvaient utiliser d’autres moteurs, dont certains qui plus est leur garantirait de sortir des tunnels de vidéos similaires de Youtube ou des algorithmes dans lesquels ils se laissent si souvent enfermer ?

Lorsque le bibliothécaire se voit effectivement attribuer quelques heures de travaux dirigés auprès de ces étudiants, un autre problème se pose à lui : il doit répondre à une demande enseignante qui est souvent réduite à ce que les enseignants savent. Or certaines des choses que les enseignants savent, ils les ont a apprises il y a fort longtemps ; en un temps où la documentation que l’on pouvait trouver en bibliothèque était réputée fiable car choisie titre à titre selon certains critères parmi lesquels la recommandation enseignante occupait une place prépondérante. A l’ère des big deals, de la malscience et des éditeurs prédateurs en open access, il est légitime de faire adopter aux étudiants la même posture critique à l’égard de l’ensemble de l’information qui est à leur disposition, qu’elle provienne de Google, de Youtube ou de l’outil de découverte promu par la bibliothèque.

Le bibliothécaire  est souvent perçu de manière restrictive par les enseignants-chercheurs comme un professionnel capable d’interroger de manière optimale des bases de données documentaires. Il n’est pas anormal qu’il soit sollicité surtout pour transmettre ce savoir-faire aux étudiants. Ainsi les bibliothécaires qui interviennent en bibliothèque de Santé sont invités.e.s par les enseignants en charge du module dans lequel ils interviennent à concentrer tous leurs efforts pédagogiques sur l’usage de Pubmed. Cela laisse à penser aux étudiants en Santé qu’il n’existe aucune documentation valide qui ne soit référencé par ce moteur de recherche, et cela renforce aussi l’idée que tout ce qui se trouve dans Pubmed est au-dessus de tout soupçon, ce qui est loin d’être le cas à en juger par le nombre de rétractations d’articles référencées dans MEDLINE. Au moins garde t-on accès à Pubmed au-delà de ses années d’étude. Par ailleurs la base fournit un moyen d’aborder la question des conflits d’intérêt.

Mais imaginons le scénario suivant : un étudiant nous demande au bureau de référence de l’aider à compiler tous les articles de Pubmed qui font état de la nocivité des adjuvants de vaccins afin d’apporter une caution scientifique à un manfeste anti-vaccination. Techniquement, la requête ne devrait pas nous poser de problème. Nous arriverons assez vite à un résultat si nous avons l’expérience de la base et la maîtrise du thésaurus sous-jacent. Certains mettent en avant ces compétences qui nous sont largement reconnues pour faire du bibliothécaire l’équivalent d’un moteur de recherche humain capable de trouver ce que Google lui-même n’arrive pas à trouver. Une fois ces quelques références sélectionnées, aurions-nous vraiment rempli notre rôle ? Ce dernier ne consisterait-il pas plutôt à rappeler que la méthode scientifique impose de partir d’une hypothèse et non d’une certitude et de prendre en compte toute la littérature médicale sur un sujet et pas seulement celle qui sert nos objectifs ? On pourra soutenir que l’enseignant-chercheur est mieux placé, en tout cas plus légitime, pour enseigner cette méthode qui est loin d’être évidente, y compris chez les étudiants de master. Toutefois, le bibliothécaire ne doit-il pas prendre sa part dans cet enseignement quand l’occasion lui en est donnée ?

Quelle place faut-il faire aux théories du complot dans un TD consacré à l’évaluation de l’information ?

Supposons qu’un bibliothécaire dispose d’une à deux heures de TD (un cours en amphi lui est parfois proposé pour des raisons d’économie de moyens, mais ce cadre est peu propice à un enseignement de qualité sur le sujet), comment doit-il s’y prendre et quelle place faire aux théories dites complotistes ?

Nous partons d’un constat généralement partagé au cours de cet atelier ou la partie du TD dévolue à l’évaluation de l’information ne mentionne pas les théories du complot en tant que telles, mais il y a un consensus pour qu’il en soit autrement dans les prochaines années afin de suivre à notre niveau le mouvement amorcé par les universités.

Un premier écueil réside dans la définition des termes : fake news, alt-facts et post-truth sont à la mode, mais n’ont aucune rigueur scientifique. Il s’agit plutôt d’une rhétorique utilisée par le monde politique pour disqualifier des médias réputés ou bien faire accepter au plus grand nombre de nouvelles formes de censure. Certaines théories complotistes se révèlent être vraies après une investigation fouillée. A l’issue du cambriolage du Watergate, la réputation du Washington Post et la qualité du travail de deux de ses reporters ont permis de convertir une théorie du complot en scandale avéré. On peine à voir dans ce contexte, les éléments nouveaux depuis le Faux Henry et l’explosion du Maine. La nouveauté tient sans doute à la viralité accrue des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux (rapportée à la circulation des nouvelles avérées), ce qu’a permis de mesurer un article récemment paru dans la revue Science.

Une deuxième difficulté réside dans le paradoxe suivant : déconstruire une théorie du complot, c’est contribuer à assurer sa pérennité. Comme l’a indiqué récemment Sylvain Delouvée, maître de conférence à Rennes 2 devant un public de bibliothécaires, ces théories profitent aussi de l’écho – même défavorable- que nous leur faisons dans nos formations. Il y a plusieurs nuances de croyances et les théories conspirationnistes vivent d’être rapportées, même comme élément constitutif d’une culture scientifique, et pas seulement d’être crues.

Une troisième difficulté qui ne s’est pas encore présentée à nous pourrait surgir du crédit que certains de nos étudiant·e·s pourraient accorder aux théories que nous souhaiterions leur faire étudier pour les déconstruire. Dans ce cas, toute tentative de notre part de dénoncer, sources à l’appui, une théorie conspirationniste auprès d’un.e étudiant.e qui y adhère ne ferait à ses yeux que renforcer l’enfumage du système destiné à cacher la vérité au plus grand nombre. Michel Wieviorka dans un article de la revue Socio décrit très bien cet effet boomerang :

« plus vous démontrez qu’une idée est fausse, plus c’est la preuve, comme l’a expliqué depuis longtemps Léon Poliakov (1980), que vous êtes très fort, que votre malignité est diabolique. Le recours à la raison, à lui seul, est vite inopérant, et éventuellement contre-productif. »

Au cours de ce TD, faut-il donc choisir des sujets « chauds » qui susciteront l’intérêt et le désir d’argumentation chez les apprenants ou bien au contraire des sujets froids ou fondés sur des théories qui ne recueilleront qu’une très faible adhésion auprès de notre public afin de favoriser la prise de distance ? Au SCD de Rennes 1, nous pencherions plutôt pour la deuxième option en nous focalisant sur certains mythes scientifiques peu connus mais qui font habituellement partie de la culture scientifique des chercheurs. A la BPI, on a plutôt opté pour la seconde afin d’être accessible à un public plus jeune (collègiens) : il y est par exemple question de contrevérités relatives aux vaccins et aux réfugiés Syriens. Le recours à un tuteur-bibliothécaire dans ce contexte peut se comprendre, mais à l’Université, il faudrait sans doute compter davantage sur une discussion entre pairs à partir de critères ou de méthodes fournies par le bibliothécaire pour ne pas donner prise à l’argument de l’institution qui défend son propre mensonge.

Une tribune signée par plusieurs chercheurs en psychologie sociale et parue dans Le Monde en juin 2016 mentionnait l’absence de travaux suffisants sur les dispositifs éducatifs destinés à préserver la jeunesse de la désinformation et des fake news. Force est de constater que de notre point de vue aussi on improvise sans réelle visibilité sur le bien-fondé de nos dispositifs.

Mais la bonne nouvelle, c’est que l’Université se mobilise contre les fake news et que les bibliothécaires sont associés à cette réflexion soit localement par les enseignants chargés de cours en Licence, soit au niveau national à la faveur d’une  journée d’étude sur le sujet. Il est temps de faire une place plus grande à la lutte contre la désinformation dans nos formations et de nouer des partenariats avec les enseignants-volontaires ou spécialistes dans le domaine des croyances collectives pour tester le bien fondé de ces nouveaux dispositifs.

 

 

 

 

 

 

Retour sur l’atelier « Live sketchnote » du 27 mars

Mardi 27 mars, nous nous sommes retrouvé⋅e⋅s à la bibliothèque de l’INSA pour découvrir ou re-découvrir le sketchnoting.

Le sketchnote, permet de prendre des notes personnelles de manière visuelle, par exemple lors d’une réunion ou une conférence. Si on les partage, on rentre dans la facilitation Graphique

On a tout a fait le droit d’être nul en dessin ! Pas de complexe à avoir pour cela, c’est uniquement pour soi-même.

On apprend mieux par l’imitation, en regardant et en copiant ce que font les autres pendant les ateliers ou dans des ouvrages de références, ou sur Instagram, Pinterest etc.

Atelier en 5 phases :

  1. Écriture

S’entrainer sur une feuille (format paysage plutôt) à écrire un même mot de plein de façons possibles : en lettres capitales, minuscules, en écriture cursive ou déliée, lettres ombrées etc.

  1. Container

Écrire des mots dans un container comme une bannière ou un objet à la forme adaptée au sens du mot : panier, prix, réunion, etc.

Et comparer nos dessins !

L’astuce c’est d’écrire d’abord le mot, puis de dessiner autour. Comme cela on évite le problème de tassement des lettres, ou de mot décentré.

  1. Personnages

Dessiner différents modèles de petits bonhommes rapides à dessiner : bonhomme en bâton, bonhomme avec un corps rond ou rectangulaire, en étoile etc.

On peut aussi jouer sur les expressions en ajoutant des petits détails sur le visage (des yeux, une bouche, des sourcils )

  1. Dictée picto
Chacun donne deux mots qu’on note sur un post-it puis on les colle au mur, un par un. Tout autour du post-it mot, on colle des post-its avec ce mot dessiné. Là encore, on compare les croquis des uns et des autres.
   5. Prise de notes en écoutant des podcasts

– Premier fichier, une chronique radiophonique : « Wikipédia, où sont les femmes ? »

– Deuxième podcast : « 6 règles pour régénérer votre cerveau ».

Théoriquement, le sketchnote doit tenir sur une seule page. Des titres comme « 6 règles… » permettent d’organiser sa feuille plus facilement en sachant quel espace laisser à chaque idée.

Pour une conférence ou une réunion, mieux vaut s’entrainer à l’avance en se préparant un lexique graphique des mots qui nous seront nécessaires (présents dans le titre ou dans le résumé). On peut aussi, si on est très à l’aise, dessiner le portrait de l’intervenant pour mieux le mémoriser.

Rendez-vous mardi 10 avril pour poursuivre l’entraînement !

V.T. et S.S.G.

Rennes #Cyclotour des nouvelles librairies : en images

Depuis août 2017, trois nouvelles librairies ont ouvert leurs portes à Rennes. Envie de les découvrir et d’échanger avec les libraires. Nous sommes allé·e·s à leur rencontre en vélo !

En attendant vos suggestions pour de nouveaux #Cyclotours.

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10h. RDV à la librairie généraliste et néanmoins militante La Nuit des Temps. Féminisme, écologie, et tous publics, les rayonnages s’étoffent de jour en jour grâce au succès de leurs choix. Solveig et Ayla reviennent sur l’année de préparation écoulée et depuis l’ouverture : crowdfunding, presse dithyrambique et clients au rendez-vous. Des libraires motivées et heureuses ! Et n’allez pas leur dire que c’est courageux d’ouvrir une librairie aujourd’hui, parce que « c’est pas le Vietnam ».

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11h. C’est Corentin de la librairie La Nef des Fous qui nous accueille. Corentin nous offre un tout autre point de vue sur le métier. Tout s’est fait en 10 minutes ou presque. Spécialisée BD (alors que Rennes compte déjà 3 librairies BD sans compter les généralistes et GSC). Mais il trouve son rythme. BD par série, dédicaces et mélanges des genres : comics, franco-belges, romans graphiques.

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12h. Pierre nous ouvre ce qui sera le café-librairie Mr Vertigo. Petite restauration, ouverture en journée et de superbes étagères jusqu’au plafond de romans et BD neufs et occasion. Accueil hyper chaleureux et depuis notre visite, c’est ouvert !

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La Nuit des temps

10, Quai Émile Zola

35000 Rennes

Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h


La Nef des Fous

39, rue Poullain Duparc

35000 Rennes

Ouvert le lundi de 14h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h


Mr Vertigo

36, rue de Paris

35000 Rennes

Ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 18h

Premier atelier Livres DIY / DIT à la bibliothèque de l’EESAB

Cécile et Emilie, bibliothécaires à l'école des Beaux Arts nous ont à nouveau ouvert les portes de la bibliothèque pour ces rdv créatifs.

Le premier rdv « Concevoir et fabriquer un livre » nous a permis d’aborder les rudiments de la fabrication et d’en réaliser un en mode libre.

Photos : Cécile Kerjan

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Le matériel nécessaire pour cet atelier :

Tout à la main :
-Papiers de différents formats (A3, A4, atypiques), de différentes couleurs et motifs, de différentes épaisseurs (couvertures, intérieures)
-De quoi faire de la typo homemade (stencil, tampons, lettres détournées)
-Affiches, journaux désherbés, autres papiers pour découpage, collage et détournements lettres + images
-Des feutres, pastels, poscas…
-Une agrafeuse long bras
-Cuters et ciseaux
-Reglets métal
-Colle

Avec ordi :
-appareil photo
-logiciels de mise en page

Format, maquette, choix des textes, des images, des papiers, des motifs : quoi réaliser et comment.

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Cécile et Emilie, de la bibliothèque de l’EESAB ont sorti des livres d’artistes réalisés par les étudiants (livre mouchoir, livre tout écrit à la main sur papier cristal et reliure à la japonaise,…) et Tony et Katell avaient amené leur boîte à trésors spéciale fanzines and co.

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On est tous repartis avec notre bouquin fait main, catalogue de motifs avec encartages de papiers différents formats, hexaflexagone, livre tout carton collages forêts à découpe, livre dessiné et monté à la main, fanzine  Jambon Numéro O, collage arbres + dessins poscas, livre montage agrafes et papiers couleurs.

 

 

Et le début d’un livre collectif A4 couleurs pliés en 2 (A5) sur le modèle de Mille milliards de poèmes, écriture collective en cours.

Quelques pistes bibliographiques en image :

Prochain rdv « Reliure » toujours homemade : cousues, collées, agrafées… Le 29 mars à l’Espace lecture de Carrefour 18 à 19h.

Pourquoi et comment organiser une CryptoParty en bibliothèque ?

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Nous nous sommes retrouvés en visio-conférence sous l’impulsion de Doc@Brest. Cette visio a relié l’INSA Rennes et Le Pôle Bouguen à Brest au travers des salles de télé-présence de l’UBL (Université Bretagne Loire) le lundi 30 mai 2016. Un compte rendu de nos collègues de Doc@Brest est à venir.

L’idée était (et est toujours) de partager autour de l’organisation de CryptoParties en bibliothèque.

En effet, nous ne cesserons jamais de vouloir tordre le cou à l’idée reçue que ce serait réservé aux « geeks » et insisterons toujours sur le fait que les bibliothèques ont un vrai rôle à jouer en matière de protection de la vie privée et des données personnelles en partageant des pistes pour aller dans ce sens et en organisant ce type d’événement dans nos structures.  🙂

Nous avons collecté le retour d’expérience de la Bibliothèque de l’INSA Rennes dans une carte mentale, présentée lors de cette visio et disponible  : >> ici <<

N’hésitez pas à la commenter (sur ce post ou sur la liste) et à proposer des ajouts et améliorations !

Aussi, une nouvelle liste d’échanges et de discussion autour de ces problématiques de vie privée en bibliothèque a été créée : CryptoBib. N’hésitez pas à vous y inscrire : >> ici << !

À bientôt !

Je ne sais pas dessiner mais avec la gravure j’assure !

2 rendez-vous gravure très créatifs à la cafétéria  de l’école des Beaux Arts

Cécile et Emilie, bibliothécaires à l'école des Beaux Arts nous ont ouvert les portes de la cafet pour ces 2 ateliers

Le premier rendez vous a permis d’expérimenter 4 techniques : la gravure sur styrodur , la gravure sur plaque de plexiglas, la gravure sur pochettes plastique et la gravure sur gomme

Le matériel nécessaire pour cet atelier
-Le styrodur, matériau d’isolation de mur vendu en plaque  au rayon dans les supermarchés de bricolage . Très bon marché, environ 5 euros la plaque de 1,5m X 1m
-Des plaques de plexiglass ou verre synthétique : on trouve facilement des chutes  au rayon vitres des supermarchés de bricolage
-Des gommes plastique
-Des pochettes à document transparentes
-Des gouges
-de l’encre à linogravure noire
-des rouleaux à encrer
-des feutres Posca
-Des papiers épais , krafts…
-Des crayons papier bien taillés
-Des modèles à décalquer pour ceux qui ne savent pas dessiner !!

La gravure sur styrodur :
on dessine ou on décalque son dessin en gravant avec un crayon à papier bien taillé dans le support qui est assez souple. On encre et on presse…
le trait de gravure reste blanc et le papier noircit autour.
On peut aussi enlever de la matière avec une gouge et encrer, le dessin en relief ressort en noir.


La gravure sur verre synthétique : on encre la plaque de plexi, on pose sur cette plaque encrée une feuille de papier sur laquelle on veut graver le dessin, on pose un modèle ou une feuille vierge dessus, on suit le modèle ou on dessine au crayon. Le trait de crayon va s’imprimer en noir , c’est le procédé du carbone !


La gravure sur pochette plastique, porte document :
on glisse son modèle dans la pochette et on le décalque au feutre posca, assez rapidement avant que le feutre ne sèche on presse la pochette sur une feuille papier

La gravure sur gomme : on creuse la gomme et on imprime le relief

Le deuxième rendez-vous a permis d’expérimenter la gravure sur Rhénalon (plaque de rhodoïd transparent ) et la gravure sur Tétra-pak (brique de lait et de jus de fruit)

Matériel nécessaire :
-Plaques de Rhénalon : se trouve en magasin de matériel beaux- arts : 5 euros les 10 plaques A6
-Emballages Tétra Pak
-Pointes sèches pour graver
-Encre à lino ou à taille douce
-papier épais, journal, kraft…pour imprimer
-papier de soie pour essuyer
-chiffons
-éponges pour mouiller le papier
-Cuiller en bois, rouleau à pâtisserie, machine à pâtes pour presser.

La gravure sur Rhénalon : permet de graver en transparence un modèle ou en direct sur la plaque avec une pointe sèche.
Une fois le dessin réalisé, on encre la plaque, et immédiatement, avant que l’encre ne sèche,  on l’essuie (avec chiffon et pour finir avec papier de soie).
On humidifie le papier (2 façons soit avec une éponge humide, soit en le trempant dans l’eau quelques minutes et en l’essuyant), on applique le papier sur la plaque et on presse.
L’encre va rester dans les traits de gravure et en pressant avec cuiller en bois, rouleau à pâtisserie ou machine à pâte, le trait va s’imprimer.
Toute la subtilité de cette technique est dans la gravure des traits pour faire apparaitre des zones plus denses et dans l’essuyage pour jouer sur les ombres.

 


La gravure sur Tetra-pak :
On reprend exactement le même déroulé que la gravure sur  Rhénalon, à ceci près que l’on ne peut pas décalquer et qu’il faut avoir un petit coup de crayon !
Son  avantage c’est  d’être un matériau du récupération que l’on a facilement sous la main

 

 

Premier atelier Voyageurs du Code à Rennes

Suite au passage des Voyageurs du Code à Rennes, où ils nous ont présenté le projet et comment y participer (un compte-rendu en tweets est à lire ici), nous avons organisé mercredi 20 janvier le premier atelier des Voyageurs du Code à Rennes.

ça se passait à la bibliothèque des Champs Libres, dans le cadre des ateliers #4C, et durant tout l’après-midi, des enfants et des adultes sont venus découvrir la programmation en jouant avec Scratch et Makey Makey.

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Compte-rendu de l’atelier Veille documentaire

Animatrice : Léa Lacroix

Compte rendu : Anne-Pauline Petitjean

Veille documentaire – Lundi 8 juin 2015 – Doc@rennes – La Cantine Numérique

eteachers36Qu’est-ce que la veille ?

Il existe plusieurs types : veille techno, veille concurrentielle, etc plus ou moins pertinentes selon ses problématiques.

On peut veiller à partir d’un outil (ex : blogs, sites de presse, newsletter) ou sur un nom, sur une marque, sur une personne.

Il est possible de cibler l’outil de veille en fonction du sujet et d’en préciser la fréquence (tous les jours, plusieurs fois par jour, une fois par semaine, veille ponctuelle…) et d’ajuster ses usages.

Comment s’y prendre?

  1. Définir ce que l’on cherche : cibler les sujets.
  2. Rechercher des sources, collecter des infos (aller la chercher ou qu’elle arrive à nous)
  3. Stocker, trier.
  4. Sélectionner
  5. Repartager, diffuser sa veille (parfois stockage et partage au même endroit).

Des outils ?

Twitter : site de microblogging, permet de recevoir des tweets informatifs (140 caractères max). Permet d’encourager le cercle vertueux de la veille en partageant l’information (retweet).

Les +  :

  • Mettre de côté les articles « à lire + tard » au moyen de la gestion de favoris.
  • Possibilités de faire des recherches thématiques grâce aux listes (via des personnes pas suivies sur le fil d’actus aussi).
  • Filtrer sa veille grâce aux notifications par mail (à activer ou désactiver).
  • Possibilité de suivre un compte twitter sans avoir soi-même de compte.

Nuzzel : Service de filtre pour accéder à l’essentiel de Twitter et de Facebook. On visualise les tweets des followers, les messages de ses amis, et on peut interagir via Nuzzel (Retweet, Reply, Favoris / Like, commentaire, partage…). Les articles consultés via Nuzzel sont sauvegardés au sein de l’outil. Et c’est gratuit.

Le +  : Permet de retweeter à partir de Nuzzel directement sans repasser par tweeter.

TumblR : Site de micro-blogging qui fait la part belle à l’image : photos, vidéos, illustrations (cf les tumblR en gif animés).

Scoop it : Plateforme de curation entre réseau social et outil de veille. Pour classer sa veille par sujet en tableaux. Images + texte. Permet de conserver des articles trouvés sur le net. Moteur de recherche intéressant. Permet de suivre des communautés.

Pocket : Sauvegarder des articles ou des vidéos. Le + intéropérabilité entre son pv, son smartphone, sa tablette…

Delicious : A nouveau disponible. Permet de sauvegarder et partager ses marque-pages internet.

Diigo : Plus ou moins le même service que Delicious. Possibilité de classer les marque-pages en catégories.

Pearltrees : Outil de curation, service de marque-pages internet, de classer des notes (fichiers pdf, etc) sous forme de schéma (type carte euristique simplifiée). A la fois agrégateur de contenus et moteur de recherche communautaire.

Instapaper : service de marque-pages internet avec synchronisation sur tous les supports (PC, mac, smartphone, tablette…).

Feedly : Permet de classer les sources par sujet. Agrégateur de flux RSS pour lequel on n’est pas obliger de remplir soi-même le champ flux RSS.

Prismatic : Service de veille exploratoire.

Le + : En anglais uniquement. Sources très américaines mais parfait pour de la veille ponctuelle par sujets.

Compte rendu du premier café Vie privée de Doc@Rennes

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Animateur : Benoît Vallauri (MDIV)

Compte rendu : Damien Belvèze (INSA Rennes)

Le principe du café Vie privée est d’offrir un temps d’échange autour des pratiques de chacun en matière de protection de sa vie privée numérique lorsqu’il en a besoin, quel qu’en soit les raisons. Pour le citoyen, l’usager, le chercheur, le militant, l’amant, l’ado, on a tous le droit de choisir les limites de notre vie privée.

« Ne pas se soucier de la protection de la vie privée sous prétexte que l’on a rien à cacher, c’est comme ne pas se soucier de la liberté d’expression sous prétexte que l’on a rien à dire » (Edward Snowden).

De manière générale, n’avoir rien à cacher est un argument facile pour abdiquer sont droit naturel à la vie privée. Au contraire, on devrait tous partir du principe qu’il est normal qu’on ait quelque chose à cacher, car la vie privée est précieuse. Elle est indispensable à la liberté d’expression. Cela dit, quand on s’achète une pochette anti-ondes pour son portable, on est certes à l’abri des IMSI catchers… mais aussi des appels. Il faut d’abord bien évaluer de quel type de protection on a besoin en fonction de ses activités présentes et adapter ce besoin à chacune de nos activités.

Ensuite les cafés vie privée donnent l’occasion d’échanger quelques bonnes pratiques dans leur usage quotidien d’internet.

A l’heure où on greffe des puces NFC sous la peau d’humains, il faut se demander s’il n’y a pas d’une certaine manière une continuité entre se choisir un mot de passe complexe aujourd’hui, connaître les possibilité de dérives des technologies, et avoir les clefs politiques et philosophiques par exemple sur la notion de transhumanisme. Les choix citoyens de demain dépendent de nos possibilités d’informer aujourd’hui. L’avenir de cette liberté qu’est la vie privée se décide aussi aujourd’hui.

En tant que professionnels de l’information, et médiateurs auprès des publics, les bibliothécaires et médiateurs numériques doivent être en première ligne dans la nécessaire information des publics sur ces questions, qui sont aujourd’hui des enjeux de citoyenneté et de choix de société.

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